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Électre des bas-fonds

du 25 septembre au 03 novembre 2019

Par la Compagnie des 5 Roues

Texte et mise en scène Simon Abkarian

Distribution en cours

Infos

Représentations

du mercredi au vendredi à 19h30
le samedi à 15h
le dimanche à 13h30

Durée du spectacle

2h30 environ

Prix des places

25 € (individuels)
20 € (collectivités, demandeurs d’emploi)
15 € (scolaires, étudiants - de 26 ans)

Location

01 43 74 24 08, dès maintenant et jusqu'au 31 juillet puis de nouveau à partir du lundi 2 septembre
Fnac / Théâtre Online

À propos

Bien sûr il y a Euripide et Sophocle, bien sûr il y a Eschyle. J'aurai pu travailler sur l'une de ces pièces qui sont des chefs d’œuvres absolus. J’ai choisi d’écrire ma version car je veux raconter cela comme on raconte une fable.

Une fable à l’envers

C’est la fête des morts.
Une fête de théâtre, une fête imaginée ; une vraie fête donc.
Les hommes jouent les femmes,
Les femmes jouent les hommes.
La fille veut être fils.
Le pauvre provoque le puissant.
Le laid se rit du beau.

Électre au lupanar

Quand la pièce commence Electre vit une fable mais à rebours. De princesse, elle est devenue servante dans un bordel. Mariée à un homme de la plus basse condition, elle garde farouchement sa virginité et se comporte tel un chevalier des temps médiévaux qui se veut pur dans sa quête. « Blanche neige » et « La Belle au bois dormant », après sévices et brimades, après tortures et tentatives de meurtre, finissent par triompher. Elles épousent un prince et retrouvent le statut social qui leur revient de droit.
Tout est bien qui finit bien.
Électre est orpheline, dépossédée de son père, de son destin, de son rang, de son corps, de sa sexualité.
Électre est deux fois bannie.
Elle est privée de sa condition et de son nom.  
Elle est un fruit qui pourrit au pied de sa jeunesse.  
Personne pour la ramasser.  
Les attributs qui sont l’apanage de ceux qui sont bien nés lui sont confisqués.  
Désormais, Électre n’appartient qu’à sa haine. 
Elle renait des cendres de son père et, à moins que ne revienne son frère Oreste, elle tentera de tuer le tyran ou s’en retournera là où gisent ceux qui n’existent pas.

C’est dans le deuil que se reconstruit Electre.  
Elle danse et chante sa colère jusqu’à l’obsession, jusqu’à en devenir obscène.  
Là où vit Électre, il n’y a pas de dieux.  
Il y a la nuit qui n’en finit pas de tomber sur les damnés de ce monde.
Tout est mal qui finit pire encore.  

Oreste : un homme dans le corps d’une femme

Oreste dans ma pièce est un jeune homme déguisé en fille. C’est ainsi qu’il survit aux assassins d’Egisthe. Il embrasse sa condition d'exilé(e) et s'en contente. N’est-il pas le fils du vent et des chemins, « une inconnue » parmi les anonymes, une danseuse des rues ? Il doit accomplir son destin, mais tel un ermite venu du fin fond du Caucase, Oreste veut mourir à lui-même. Il veut oublier. Oublier qu’il était homme, qu’il était prince, qu’il était Grec. Pourtant c’est ainsi qu’il reviendra à Argos. Et c’est ainsi vêtu qu’il trompera et tuera sa mère Clytemnestre. C'est sous la menace d'Apollon qu'il est ramené à son état de garçon vengeur. C’est par ce dieu intransigeant qu’il est rappelé à l’ordre viril et forcé d'accomplir ce meurtre indicible ; le matricide.

L'histoire

Nous sommes dans le quartier le plus pauvre d’Argos. C’est le premier jour du printemps, on y célèbre la fête des morts, prostituées, serveuses, esclaves, les femmes se préparent pour le grand soir. Les meilleurs musiciens sont là. La fête va se refermer comme un piège sur Clytemnestre et son amant Egisthe. À force de prières, Électre a fait revenir le frère vengeur, Oreste.   

Électre et Oreste

Frère et sœur sont à la misère.
Tous deux sont nourris de haine et de colère.   
Cependant le héros de cette tragédie n’est pas le couple Oreste/Électre, mais la danse qui en émerge, la danse des retrouvailles.
Simon Abkarian

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