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  • Publication du 11/03/2020

Un tour de Rotonde en compagnie d’Arlequin à la BnF

du 28 janvier 2020 au 30 juin 2021

 

Les « interprètes du décor »  

Guy-Claude François (1940-2014) et Roberto Moscoso (1943-2011)

 

(1) Espace scénique pour L'Âge d'or réalisé par Guy-Claude François (1975)                                                              (2) Maquette de décor pour Le Capitaine Fracasse réalisée par Roberto Moscoso (1965)

 

Participant à l’aventure du Théâtre du Soleil avec Ariane Mnouchkine, ils conçoivent les espaces scéniques des spectacles L’Âge d’or (1975) et du Capitaine Fracasse (1965-1966), et réinterprètent les codes de la commedia dell’arte. Le choix de l’utilisation du masque dans L’Âge d’or rend nécessaire une proximité entre comédiens et spectateurs. L’architecture scénique imaginée par Guy-Claude François, toute en courbes et en rondeurs, est constituée de 4 petits cratères ou dunes. Les creux sont utilisés successivement par les comédiens qui entraînent à leur suite les spectateurs, invités à se déplacer au rythme de la narration et à s’assoir sur le sol en coco. Le plafond est constitué de plaques métallisées en cuivre, éclairées par une multitude de petites lampes. Posées à même le sol, des rampes portatives permettent de moduler l’intensité et les teintes de la lumière. Les éclairages comme le dispositif scénique sont au service du jeu des comédiens et de leur complicité avec le public. Le spectacle est une réflexion sur l’immigration, les rapports de classe et l’altérité. Arlequin/Abdallah, ouvrier maghrébin fraîchement débarqué à Marseille, croise la route des Pantalon, Docteur et Brighella des temps modernes. Ses rêves d’un monde meilleur de l’autre côté de la Méditerranée se heurtent à une réalité sociale impitoyable. Le Capitaine Fracasse est la deuxième pièce dont Roberto Moscoso signe les décors pour le Théâtre du Soleil. Il réalise également la première version des costumes et des accessoires, la seconde versionétant de la main de Françoise Tournafond. Adaptée du roman de Théophile Gautier par Philippe Léotard, la pièce est pour la troupe du Soleil le premier contact avec les personnages de la commedia dell’arte. Roberto Moscoso imagine un décor qui reprend les codes de cette forme théâtrale : l’itinérance d’une troupe de comédiens, le chariot, l’imaginaire d’un théâtre de tréteaux. Dessinateur hors pair, il invente un dispositif scénique mobile (des tréteaux pivotant sur un plateau à un mètre du sol), peint de grandes toiles pour suggérer des lieux (château, forêt, auberge), joue de la gamme des couleurs pour créer l’ambiance d’une scène. Fracasse, le Matamore et Isabelle revivent sous nos yeux grâce aux artistes Philippe Graitson, Christian Bérard, Jacques Le Marquet et André Blin, dont les oeuvres dialoguent avec celles de Roberto Moscoso et de Corneille.

Corinne GIBELLO-BERNETTE
Chargée de collections archives et manuscrits 

À Lire :

"L'Âge d'or. Première ébauche", Chapitre 2 : "La création collective, deuxième tentative, première ébauche", in Le Théâtre du Soleil, les cinquante premières années, de Béatrice Picon Vallin. © Coédition Actes Sud-Théâtre du Soleil, 2014.

"L'Âge d'or. Première ébauche", texte-programme en version numérique. © Théâtre du Soleil / éditions Théâtrales, 2017.

Croquis pour le personnage d'Arlequin/Abdallah réalisé par Françoise Tournafond.